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vendredi 20 avril 2007
Elle tisse sur les flots...
Elle tisse sur les flots...

Habitante d'une île flottante sur le Lac Titicaca, Carmé n'a d'autres choix que d'aimer les touristes... Le dos courbé, Carmé tisse. Inlassablement, telle Pénélope attendant Ulysse, elle tisse. Sauf que ce n’est pas son homme qu’elle attend mais… les touristes. Trois jours de travail pour confectionner un petit tissu qu’elle leur vendra 10 soles (2,5 €), deux semaines pour le grand qui lui rapportera 50 soles (12 €). C’est le lot de toutes les habitantes des îles Uros, sur le Lac Titicaca : attendre les gringos pour leur vendre le fruit de leur travail.

Mais que pourraient-elles faire d’autres sur ces îles flottantes ? Construites en couches de roseau Totora, poussant en masse dans les eaux peu profondes du lac, il est impossible d’y faire pousser quoi que ce soit. "Nous vivons de l’artisanat et de la pêche", explique Carmé avant de poursuivre : "Mon mari alterne entre la pêche et la poterie, comme la plupart des hommes ici."

Sur l’île Willy, où résident Carmé et ses 6 enfants, 27 personnes cohabitent sur moins de 300 m². Isolés de tous et, paradoxalement, au cœur de tout. Car si les îles Uros ont été construites par la petite tribu Uros il y a plusieurs siècles pour se protéger des incas, elles sont de nos jours l’une des principales activités touristiques du lac Titicaca.

Le temps passant, les Uros sont devenus des indiens Aymaras et les étrangers des visiteurs plus que bienvenus. "Nous aimons beaucoup les touristes car c’est grâce à eux que nous pouvons envoyer nos enfants à l’école", confie Carmé. "Mon aîné de 20 ans vient d’ailleurs d’entamer des études de tourisme", ajoute-t-elle fièrement.

Les enfants des îles vont donc à l’école… quand ils ne restent pas, eux aussi, attendre les touristes pour leur demander un bonbon ou une pièce en échange d’une photo "typique". Des touristes qui accostent ahuris sur ces îles (sur)naturelles. S’amusant de voir le roseau plier sous leurs pas… parfois sans un regard pour Carmé et les siens.

L'habitat, comme le sol, sont confectionnés avec des roseaux.
 Carme vend artisanat, poteries et tissus sur son étal.
 Des couches de roseaux sont ajoutées, à mesure que celles du dessous pourissent.
 Les enfants des îles Uros vont à l'école en bateau.
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