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samedi 12 mai 2007
Bonne mine
Bonne mine

Ouaouhhhh ! Entrer dans une mine c’est déjà quelque chose, mais y passer 5 heures en buvant de l’alcool a 96°c à 4000 mètres d’altitude, ça rend le moment… inoubliable ! Revenons un peu en arrière. Nous sommes venus à Potosí avec l’envie de faire un reportage sur les mineurs. Nous souhaitons sortir des voies touristiques car de nombreuses agences organisent ici des visites. Nous rencontrons Johnny à l’office de tourisme. Il connaît une famille de mineurs et va nous mettre en contact.

Deux tours plus tard, nous voilà donc en route pour les mines. Nous faisons un petit arrêt au marché pour acheter des boissons, des feuilles de coca et de… la dynamite. Arrivés devant la mine, nous ne faisons pas les malins… elle est minuscule et ne ressemble en rien à celles visitées par les touristes. Comme les mineurs, nous enfilons des kways, des casques et mâchons de la coca avant d’entrer dans la mine.

Caméra et appareil photo en mains, nous avançons lentement. Le noir se fait. Nous frôlons les parois rocheuses de la mine, à gauche comme à droite, et devons nous recroqueviller pour ne pas toucher le « plafond ». Après une dizaine de pas, une montée d’angoisse nous submerge. Mais l’envie de faire ce reportage, et peut-être aussi une part de fierté, nous obligent à avancer. Les boyaux se succèdent pendant plus de deux heures jusqu’au moment où Sepherino craque une allumette sous nos yeux, colle la flamme à une mèche de dynamite et crie “Vamos” (« on y va »). Les 50 mètres jusqu’à la sortie nous paraissent interminables…

Si nous arrivons sereins le lendemain, les mineurs nous réservent une surprise de taille. Comme ils inaugurent leur Tio (dieu de la mine), nous devons nous plier au rituel… et boire de l’alcool à 96°c pendant près de 5 heures d’affilées. A la fin, nous faisons un petit discours à tour de rôle. Les mineurs, comme nous, sont particulièrement émus. Ils croient beaucoup en la présence du Tio, censé leur apporter des minerais et les protéger du danger. Nous finissons la journée chez Séphérino. Sa famille nous accueille avec sourires et accolades. Nat aura même droit à un gros bisou de Séphérino au moment de se dire au-revoir !

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