

Non loin de San Pedro de Atacama se trouve la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert au monde. Un univers de géants qui fait la richesse du Chili.
Chuquicamata est une ville de la démesure. Située au Nord du Chili dans le célèbre et aride désert d’Atacama, elle abrite la plus grosse mine de cuivre à ciel ouvert du monde. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le puit creusé fait 5 kilomètres de long et 3 de large, sur 900 mètres de profondeur. Un canyon monstrueux dans lequel s’affairent près de 900 ouvriers. Le Chili semble si fier de cet endroit qu’une société organise quotidiennement des visites touristiques d’une heure et demie, visant à souligner l’exploit chilien. Un exploit qui vaut au pays d’être le plus riche d’Amérique du Sud. En effet, le cuivre issu des différentes mines du pays représente près de 47 % des exportations chiliennes. C’est dire l’importance de ce minerai.
Des efforts colossaux
La seule mine de Chuquicamata extrait 600 000 tonnes de roches par jour. Un travail exécuté à l’aide de machines monstrueuses qui semblent pourtant bien minuscules vues du haut de ce cratère. Les tracteurs-remorques servant à l’extraction du précieux métal pèsent 370 tonnes vides et possèdent des roues de plus de 3 mètres de diamètre. Des monstres pilotés par un unique conducteur.
Mais le plus impressionnant dans cet éventail de moyens titanesques déployés, c’est la quasi vanité de ces efforts. En effet, sur les 600 000 tonnes de roches extraites quotidiennement, 400 000 tonnes ne contiennent rien d’autre que…de la roche ! Elles s’accumulent ensuite non loin de là et forment des montagnes artificielles. Les 200 000 tonnes restantes, elles, ne contiennent qu’1% de cuivre. Elles doivent subir un long processus dont une réduction en fines miettes, un traitement à l’acide sulfurique, et une électrolyse. Tous ces efforts pour récupérer, au final, 10 kg de cuivre par tonne de roche!
Plus une âme qui vive
Mais Chuquicamata est aujourd’hui une ville fantôme, où se croisent seulement, durant la journée, les ouvriers allant manger à la cantine, quelques taxis et des touristes venus ici pour la visite. En effet, les quelques centaines de tonnes d’explosifs utilisées chaque jour, et les micros poussières dégagées par l’ensemble de l’activité minière ont rendu l’endroit inhabitable. Les ouvriers et leurs familles contractaient rapidement de graves maladies respiratoires. Depuis 1990 (seulement), l’entreprise a donc entrepris de les reloger à une trentaine de kilomètres de là.
En dépit des dégâts écologiques, réduits toutefois depuis la mise à la norme Iso, la mine continuera son développement pendant plusieurs dizaines d’années encore. En 2020, le puit devrait atteindre une profondeur de 1,2 km. Et pour extraire les 0,8 % de cuivre restant dans les couches inférieures, la mine deviendra alors... souterraine. ** Emilie Darnaud et Nathaël Rusch**
Commentaires
Comment et t-il commercialise?
Est ou le trouve t-on?