

Alors que le centre historique de Valparaiso se délabre, les touristes continuent d’envahir ce site, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2003.
Une myriade de rues pavées et pentues, de multiples façades colorées et quelques funiculaires datant du début du siècle. Voilà ce qui attire jusqu’à 10 000 visiteurs par jour à Valparaiso. Ce port, situé sur la côte chilienne, est un petit bijou architectural. Alors les touristes se pressent dans cette ville en forme d’amphithéâtre mais… sans forcément voir l’envers du décor. Car la « petite perle du pacifique », comme l’appellent les chiliens, est en danger. Et si le Chili se vante de posséder ce paradis pittoresque, il ne fait malheureusement rien pour l’entretenir...
Les bâtiments sont rongés par les termites quand d’autres sont littéralement laissés à l’abandon. Les murs sont taggés d’insanités quand les trottoirs débordent d’ordures. Des amas de fils électriques s’emmêlent à hauteur d’homme quand les bouteilles de gaz, elles… explosent. A trois reprises ces derniers mois, Valparaiso a en effet connu des incendies suite à ce type d’explosion. Elle a aussi été victime d’un énième tremblement de terre en avril. Malheureusement, aucun des dommages causés n’a encore été réparé. Faute de budget. Faute de volonté gouvernementale aussi.
Seul l’Unesco, qui a inscrit Valparaiso à son patrimoine mondial en 2003, a promis de fournir l’aide nécessaire. Un mécène inespéré ? En réalité, le mécène est aussi, malgré lui, bourreau. Car l’une des principales conséquences de cette inscription au patrimoine mondial de l’Unesco est d’attirer encore plus de monde. L’équation est simple : les touristes affluent alors les prix flambent. Les victimes de ces incidents peinent à se reloger. Quand aux résidents épargnés, ils se plaignent de ne plus pouvoir prendre le funiculaire (un des meilleurs moyens pour gagner le haut de la ville), devenu plus cher qu’un taxi ! Et alors que le centre historique de Valparaiso est envahi par les hôtels et les restaurants, les habitants s’entassent en haut dans des bidonvilles... bien loin des préoccupations touristiques.