

Les étudiants chiliens, qu’ils soient dans le secteur public ou privé font face à des frais de scolarité élevés et un système de crédit contraignant.
Oscar, la vingtaine, est serveur à plein temps dans un restaurant à Santiago. Pourtant, ce n’est pas un choix de carrière, ni une décision liée à un manque de qualifications. Oscar, comme beaucoup de jeunes chiliens, a fait des études supérieures dans une école privée. Lui s’est orienté vers la kinésithérapie. D’autres, comme Felipe, ont choisi l’ingénierie électrique. Mais tous deux ont fini leurs études après avoir payé des frais de scolarité compris entre 200 € par mois, pour les écoles publiques, et 600 € par mois pour les écoles privées. Des frais exorbitants lorsque l’on sait que le salaire minimum chilien est de 250 € mensuel. Pourquoi Oscar comme tant d’autres exercent-ils des petits boulots à la fin de leurs études ? En fait, nombreux sont ceux qui, ne pouvant avancer l’argent nécessaire aux études, l’empruntent par le biais de leur école. Ils contractent donc un crédit avec obligation de rembourser, comme de nombreux étudiants français. A la seule différence que les jeunes chiliens doivent d’abord s’acquitter de cette dette pour obtenir leur diplôme et donc pouvoir exercer la profession qu’ils ont étudiée. Jonathan, 23 ans, entame d’ici peu 4 années d’école d’ingénieur aéronautique et sait d’ores et déjà qu’il devra également passer 4 années à travailler, dans la restauration ou un autre secteur, avant de pouvoir mettre en pratique ce pour quoi il aura été formé. Un système qui garantit certes le remboursement des prêts mais démotive une partie des jeunes des classes moyennes. Le socialisme à la chilienne a encore quelques progrès à faire...
Emilie Darnaud et Nathaël Rusch